Femmes artistes, femmes d’exception (3/3) : Joan Baez

La journée internationale des femmes approchant, il paraissait intéressant d’étudier le cas de quelques femmes musiciennes ayant connu un certain succès, pas forcément à la hauteur de leur talent hélas. Voici donc une série d’articles dédiée à ces femmes admirables et qui méritent (selon moi) d’être plus connues.

Avant-hier, nous avons vu le cas de Tracy Chapman, icône de la musique folk, et hier celui de Jackie Evancho, jeune artiste au potentiel incroyable. L’artiste d’aujourd’hui est Joan Baez, qui mérite selon moi une place de choix dans vos playlists ! Retour en arrière vers les années 60 pour cette auteure, compositrice et interprète folk de renommée internationale, mais peu connue des générations qui n’ont pas grandi durant ces années.

 

joan-baez-10-2009-002.jpg

 

Née en 1941 à New York, d’origine mexicaine, d’un père brillant scientifique (co-inventeur du microscope à rayons X et ayant refusé de travailler sur le projet Manhattan pour construire la première bombe atomique) et d’une mère très religieuse, Joan Baez est la deuxième de leurs trois filles toutes intéressées par la musique. Son père travaillant pour l’UNESCO, Joan a été marquée par les nombreux voyages effectués, en particulier au Moyen-Orient. La pauvreté, les mauvais traitements de la population, la douleur des mendiants de Bagdad l’ont touchée au point de laisser une empreinte profonde sur toute sa musique à venir. Elle découvre la musique en recevant un ukulélé et en jouant des morceaux de rythm and blues, avant d’acheter sa première guitare à l’âge de 16 ans, pour jouer son propre répertoire folk en public. Elle se produit comme artiste de rue à Boston (où se trouve son université), qui est alors le centre de la musique folk, à peine émergente. Hésitant à prendre un pseudonyme pour éviter les discriminations liées à son origine, Joan finit par opter pour son véritable nom, soucieuse de ne pas se voir reprocher l’abandon de son origine.

La vie d’artiste de rue est difficile, elle joue deux fois par semaine dans des bars pour 20 dollars, ce qui ne l’empêche pas de suivre ses études et enregistrer avec des amis son premier album, dans un sous-sol. En 1959, Bob Gibson, star de la musique folk, l’invite à chanter deux duos avec lui, ce qui lance l’artiste et lui permet de signer avec Vanguard Record.

 

joan-baez-bob-dylan.jpg
Joan Baez et Bob Dylan, deux légendes de la musique folk

 

En 1960, elle enregistre son premier album pour un label de musique, recueil de ballades traditionnelles folks et blues, puis un deuxième en 1961 qui obtient un Disque d’or. C’est elle qui introduira Bob Dylan au public lors d’un album dédié à ses concerts sorti en 1963. Bob Dylan, la légende qui a reçu l’année passée le prix Nobel de Littérature pour l’ensemble de son oeuvre !! Le travail d’écriture commence vers la fin des années 60, elle compose « Sweet Sir Galahad » pour sa soeur, et « A Song For David » pour son mari en prison (pacifiste ayant refusé le service militaire).

Son engagement en faveur des opprimés, de la paix, contre la guerre du Viêt Nam en particulier, ont été le sujet de la plupart de ses chansons, et la raison de ses démêlés avec la justice. En effet, les manifestations fréquentes et ses tentatives de prise de parole dans des pays refusant cette liberté l’ont conduite à se faire arrêter de temps en temps, étant accusée d’être une « communiste infiltrée ». Cependant, la France l’accueille fréquemment, et encore aujourd’hui elle donne des concerts (à 76 ans !!) un peu partout dans le monde.
 Joan Baez, c’est plus de cinq décennies de carrière. Plus de 50 ans sur scène, à enregistrer, composer, faire rêver des générations de fans avec sa voix si particulière, et son style de guitare tout à fait unique.
joan-baez-sixties.jpg
Joan Baez
Sa voix incroyable. Et son talent d’auteure. Et son travail de composition. Et sa manière de jouer surnaturelle. Ses doigts qui survolent sa guitare. Son engagement pacifiste. La liste est longue, je pourrais continuer longtemps, mais le plus important reste l’impact que ces chansons peuvent avoir sur les mélomanes qui écoutent encore la voix d’une « vieille », qui a encore l’idée (saugrenue) de dormir sur une planche en haut d’un arbre de temps en temps. Une artiste unique, qui mérite d’être plus écoutée. Son engagement politique et son origine ont certainement influencé son boycott par quelques radios, mais c’est un message d’espoir envoyé à travers les générations : chacun peut faire rêver des milliers de fans grâce à sa musique.

Et parce que j’aime vous proposer une chanson moins connue de chaque artiste, voici « Diamonds and Rust », dédiée à Bob Dylan :

 

 

Pour ceux qui souhaitent plus d’informations, elle a un site sur lequel il est possible de trouver les dates de ses prochains concerts, ainsi que des photos et des news.

J’espère que cette série d’articles sur ces femmes d’exception vous a fait découvrir des artistes que vous écouterez encore et encore, et n’hésitez pas à proposer dans les commentaires des noms d’autres artistes qui méritent également un article ! D’autres musiciens devraient être plus connus, et si vous pouvez m’aider à en trouver de nouveaux, c’est fantastique pour tout le monde !

 

 


2 réflexions sur “Femmes artistes, femmes d’exception (3/3) : Joan Baez

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s